Christian Friedl prend la production de Porsche, avec le 718 electrique a integrer a Zuffenhausen

Christian Friedl a pris la direction de la production et de la logistique de Porsche AG le 1er septembre 2026. Il a 49 ans, il vient de la maison, et il hérite d’un chantier très concret : faire cohabiter sur une même ligne d’assemblage une 911 thermique et un 718 électrique.

Il succède à Albrecht Reimold, parti à la retraite comme prévu après plus de dix ans à la tête de la division. Friedl dirigeait jusqu’ici la qualité groupe. Avant cela, il avait occupé plusieurs postes de direction dans la production Porsche et dans le groupe Volkswagen, dont celui de patron de l’usine principale de Zuffenhausen. Nomination interne, donc, sans période de découverte.

Le périmètre

Son domaine couvre le réseau international de production et de logistique du constructeur : Zuffenhausen, Leipzig, et l’assemblage CKD en Malaisie. Trois sites, trois logiques industrielles distinctes.

Le sujet sensible se trouve à Zuffenhausen. Porsche doit y intégrer la nouvelle ligne de modèles 718 électrifiée dans la chaîne d’assemblage existante, celle de la 911 thermique. Des motorisations différentes circuleront sur la même ligne. Le principe n’a rien d’inédit dans l’industrie automobile. Sur un site historique organisé depuis des décennies autour d’une seule silhouette, c’est autre chose.

Ce type d’intégration se joue sur des détails : longueur des postes de travail, alimentation en batteries, logistique des composants lourds, formation des opérateurs sur deux architectures. Porsche n’a communiqué ni calendrier ni montant d’investissement propre à cette opération. Friedl non plus.

Le calendrier du 718 électrique reste flou côté public. Michael Leiters a confirmé le projet en août, sur une plateforme PPE Sport partagée avec la version de série de l’Audi Concept C. La production de la 982 thermique s’est arrêtée fin 2025. Entre les deux, un trou dans la gamme que le constructeur n’a pas commenté.

Deux citations, une priorité

Michael Leiters présente Friedl comme quelqu’un qui connaît Porsche et ses structures de l’intérieur, capable d’agir immédiatement. Il fixe deux priorités pour les années à venir : l’orientation stratégique du réseau de production, l’amélioration continue de la productivité et de la qualité. Friedl, lui, parle de sites solides, d’expertise technique, et d’un développement à mener avec les équipes.

Le contenu de ces déclarations est prévisible. Leur insistance l’est moins. Deux dirigeants qui mettent la productivité en tête de liste au moment où le groupe applique le Future Package : 2,1 milliards d’euros investis sur Zuffenhausen et Weissach, protection des sites jusqu’en 2035, 5 000 suppressions de postes étalées sur la période.

Une nomination parmi d’autres

Le mouvement s’ajoute à une série de changements. Début septembre, Porsche annonçait la refonte de son organisation commerciale internationale, avec notamment Daniel Schmollinger attendu à la tête de Porsche France au 1er janvier 2027. En mai, le directoire avait déjà été resserré, l’informatique embarquée rejoignant la recherche et développement.

Pour qui suit la 911 de près, cette nomination compte davantage que son intitulé ne le laisse penser. La manière dont Zuffenhausen absorbera un modèle électrique sans dégrader la ligne 911 conditionne beaucoup de choses en aval : cadences, délais de livraison, options réellement disponibles au configurateur. Les arbitrages industriels finissent toujours par se voir sur le bon de commande (la technologie et les nouveaux modèles Porsche).


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