Porsche ramène ses régions commerciales de cinq à quatre et change de direction en France

Porsche France change de direction. Daniel Schmollinger prendra la tête de Porsche France S.A.S. le 1er janvier 2027, en remplacement de Jens Puttfarcken, qui part à la retraite après plus de vingt-neuf ans passés dans le groupe. L’information figure dans un communiqué diffusé le 2 septembre 2026, consacré à la réorganisation de l’organisation commerciale internationale du constructeur.

Schmollinger dirige aujourd’hui Porsche Cars Australia. Avant cela, il a occupé plusieurs postes de direction en vente et en animation du réseau de concessionnaires, notamment chez Porsche China. Son arrivée s’inscrit dans un jeu de chaises musicales assez large, lui-même conséquence d’un changement de structure.

Cinq régions commerciales deviennent quatre

La modification principale tient en une ligne : le nombre de régions de vente passe de cinq à quatre. L’Allemagne, marché domestique de Porsche, cesse d’être traitée à part et rejoint la région Europe. Robert Ader, président du directoire de Porsche Deutschland GmbH, conserve ce poste et prend en plus la fonction de Regional Lead Europe, avec la responsabilité de la coordination des marchés européens.

Les activités en Amérique du Nord, en Amérique centrale et en Amérique du Sud sont regroupées dans une nouvelle région « Americas », confiée à Timo Resch, président et directeur général de Porsche Cars North America. La région Chine reste inchangée sous la direction d’Alexander Pollich. La région Overseas & Emerging Markets est réalignée : Mathias Busse, directeur général de Porsche Korea, ajoute à ses fonctions celle de Regional Lead Overseas, avec un périmètre centré sur les marchés de croissance du Moyen-Orient et d’Asie.

Conséquence directe, les départements centraux qui pilotaient jusqu’ici les régions Europe et Overseas & Emerging Markets sont dissous. Porsche explique vouloir rapprocher la décision des marchés. La nouvelle structure entre en vigueur le 1er octobre 2026.

« Nos marchés sont un facteur clé du succès de Porsche. Par cette restructuration, nous renforçons l’autonomie des régions, nous accélérons la prise de décision et nous créons les conditions pour appliquer notre stratégie de manière encore plus cohérente à l’échelle mondiale », déclare Matthias Becker, membre du directoire en charge des ventes et du marketing de Porsche AG.

Une série de mouvements de dirigeants

Quatre autres nominations accompagnent la réorganisation.

Christiane Zorn, actuellement vice-présidente de la région Overseas & Emerging Markets, quitte Porsche au 1er octobre 2026 pour prendre la présidence et la direction générale de Volkswagen Group Africa.

Iryna Kauk, vice-présidente de la région Europe, deviendra directrice générale de Porsche Schweiz AG le 1er janvier 2027. Elle a dirigé Porsche Central and Eastern Europe et occupé le poste de directrice financière de Porsche Lifestyle.

Holger Gerrmann, qu’elle remplace en Suisse, rejoint Porsche Central and Eastern Europe s.r.o. comme directeur général. Il succède à Michael Kirsch, qui prendra la direction de Porsche Cars Australia au 1er janvier 2027, poste laissé vacant par Schmollinger. Kirsch a été président et directeur général de Porsche China, puis directeur général de Porsche Japan.

Ce que cette réorganisation dit du moment

Une réorganisation commerciale n’est pas un communiqué produit, et Porsche ne chiffre ici ni économie attendue, ni objectif de volume. Le calendrier se lit tout de même en regard des mois précédents. Le constructeur a publié fin juillet un premier semestre 2026 en repli de 16,5 % sur les livraisons, avec une marge opérationnelle en hausse et une prévision annuelle maintenue. La division Ventes et Marketing était déjà engagée dans une restructuration, dont cette annonce constitue le volet international.

Rapprocher la décision des marchés a un sens concret quand les cycles commerciaux divergent fortement d’une zone à l’autre. La Chine, l’Amérique du Nord et l’Europe n’avancent pas au même rythme depuis deux ans, et le maintien d’un échelon central pour l’Europe et les marchés émergents pouvait ralentir des arbitrages locaux. Reste à voir ce que produit la suppression de ces deux échelons, une fois passée la période de transition.

Pour le marché français, le changement est plus lisible : un dirigeant en fin de carrière laisse la place à un cadre venu du réseau et de la Chine, dans une structure Europe désormais coordonnée depuis l’Allemagne. Porsche a traversé plusieurs cycles de ce genre, et l’histoire de la marque montre que ces réorganisations accompagnent souvent des périodes de tension économique plutôt qu’elles ne les précèdent. Le reste appartiendra au produit : la gamme des dernières années pèsera davantage sur les résultats que l’organigramme.


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