Le 9 septembre 2026, Porsche a refermé un dossier ouvert cinq ans plus tôt. La cession de ses participations dans Bugatti Rimac et dans Rimac Group est effective, les autorisations réglementaires ayant été obtenues. Les accords avaient été signés le 24 avril.
Le groupe Porsche AG encaisse environ un milliard d’euros. Sur ce montant, 250 millions sont affectés au financement complémentaire des engagements de retraite. Le solde modifie la prévision de l’exercice : la marge de flux de trésorerie disponible automobile attendue pour l’ensemble de 2026 passe d’une fourchette de 3 à 5 % à une fourchette de 5,5 à 7,5 %. Le rapport semestriel ne tenait compte d’aucun effet de cession, ce qui explique l’ampleur de la révision.
Ce que Porsche détenait
Bugatti Rimac est née en 2021. Porsche et Rimac Group avaient créé cette coentreprise pour héberger la marque Bugatti : 55 % pour Rimac Group, 45 % pour Porsche. Zuffenhausen détenait en plus 20,6 % de Rimac Group, dont le constructeur avait été l’un des premiers investisseurs, avant que Rimac Technology ne s’installe comme équipementier de rang 1.
Les deux lignes quittent le bilan d’un coup. Rimac Group prend le contrôle de Bugatti Rimac et s’associe à HOF Capital et BlueFive Capital. HOF Capital, société d’investissement new-yorkaise, mène le consortium acquéreur et devient le premier actionnaire de Rimac Group aux côtés de Mate Rimac. BlueFive Capital en est le principal investisseur, complété par des institutionnels américains et européens. Les conditions financières détaillées restent confidentielles, hors obligations de publication.
Michael Leiters avait posé le cadre en avril, au moment de la signature : la vente sert à recentrer Porsche sur son cœur de métier. Il avait aussi rappelé ce que la coentreprise avait produit, à savoir une structure d’accueil pour Bugatti et une contribution au développement de Rimac Technology.
Mate Rimac, directeur général de Bugatti Rimac, avait salué le rôle de Porsche dans la création de la coentreprise et évoqué des fondations solides pour la suite. Côté acquéreurs, Hisham Elhaddad pour HOF Capital et Hazem Ben-Gacem pour BlueFive Capital ont insisté sur l’héritage de la marque et sur une croissance mesurée. Déclarations de circonstance, évidemment. Elles indiquent au moins que les nouveaux actionnaires se présentent en gardiens du patrimoine plutôt qu’en financiers pressés.
Une pièce dans un mouvement plus large
Fin août, Porsche cédait MHP, sa filiale de conseil en informatique, à Tata Consultancy Services. Début septembre, le constructeur annonçait une réorganisation de son organisation commerciale internationale, cinq régions de vente ramenées à quatre. La sortie de Bugatti Rimac s’inscrit dans la même séquence.
Le contexte financier aide à comprendre le calendrier. Les résultats du premier semestre 2026 montraient des livraisons en repli de 16,5 % et une marge opérationnelle redressée à 7,8 %, prévisions annuelles maintenues. Le Future Package signé fin juillet engage 2,1 milliards d’euros sur Zuffenhausen et Weissach et protège les sites jusqu’en 2035, au prix de 5 000 postes supprimés d’ici là. Un milliard qui rentre en septembre ne finance pas ce plan à lui seul, mais il desserre la contrainte de trésorerie pendant que le constructeur absorbe un repli commercial qui dure (Porsche et l’impact de la crise économique).
Ce que le communiqué ne dit pas
Aucune indication sur les conséquences industrielles ou produit pour Bugatti. Le texte d’avril évoquait une structure autorisant Rimac à exécuter plus vite sa vision de long terme, sans détailler. Rien non plus sur une éventuelle poursuite de coopérations techniques entre Porsche et Rimac Technology après la sortie du capital. Une chose est acquise : les futurs modèles Bugatti se décideront désormais sans Zuffenhausen autour de la table.
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