Les femmes dans l’histoire de porsche : oubliées mais influentes

Les femmes dans l’histoire de porsche : oubliées mais influentes

L’histoire officielle de Porsche s’écrit au masculin : Ferdinand, Ferry, Butzi. Les archives retiennent les ingénieurs, les pilotes, les patrons. Des femmes ont pourtant compté dans la trajectoire de la marque, et pas à la marge.

Louise Piëch, la patronne de Salzbourg

Fille de Ferdinand Porsche et sœur aînée de Ferry, Louise Piëch (1904-1999) décroche son permis à 14 ans et dispute quelques épreuves dans sa jeunesse. Son terrain sera surtout l’entreprise. En 1943, elle organise le transfert d’actifs familiaux vers l’Autriche, une décision qui protégera le patrimoine Porsche dans l’après-guerre. En 1947, elle cofonde Porsche Konstruktionen avec son frère, puis lance en 1949 à Salzbourg l’activité d’importation Volkswagen qui deviendra Porsche Holding, aujourd’hui l’un des plus gros distributeurs automobiles d’Europe.

Son père meurt en 1951. Son mari Anton Piëch, l’année suivante. Elle prend alors seule la tête de la société salzbourgeoise, 71 employés à l’époque, et la dirige jusqu’en 1971 avant d’en présider le conseil de surveillance à titre honoraire. Son influence sur les décisions de la dynastie Porsche-Piëch ne s’arrêtera jamais vraiment. Un détail dit tout : pour ses 70 ans, en 1974, l’usine lui offre la toute première 911 Turbo, la « numéro 1 ».

Des pilotes, pas des figurantes

La légende Porsche s’est construite en course, au Mans comme sur les grandes épreuves qui ont marqué la marque. Des femmes y ont pris leur part, très tôt.

Le 16 août 1955, sur l’anneau de Montlhéry, Annie Bousquet aligne une série de records féminins, du 50 km aux 50 miles, au volant d’une Porsche 550 Spyder préparée pour l’occasion : 223 km/h de moyenne, des pointes à 230. Un pneu éclate en fin de tentative, la voiture tape le mur. Depuis son lit d’hôpital, elle télégraphie à Zuffenhausen que la jambe est cassée mais que le moral tient. Elle se tuera l’année suivante aux 12 Heures de Reims, toujours sur 550.

Maria Teresa de Filippis reste la première femme à avoir couru en Formule 1. C’était en 1958, sur sa propre Maserati 250F, avec une dixième place au Grand Prix de Belgique. Le lien avec Porsche date de 1959 : engagée par l’écurie de Jean Behra, elle tente de qualifier la Behra-Porsche, une monoplace dérivée du RSK, au Grand Prix de Monaco. Elle échoue de peu, puis raccroche définitivement après la mort de Behra cet été-là.

Il faudra ensuite attendre septembre 2019 pour que Porsche nomme une femme pilote officielle : Simona de Silvestro, pilote d’essais et de développement du programme Formule E. Une première en plus de 70 ans d’engagement en compétition.

Et dans les bureaux d’études ?

C’est le point aveugle. Les archives des décennies fondatrices ne créditent quasiment aucune femme côté ingénierie, et les noms qui circulent parfois en ligne à ce sujet ne résistent pas à la vérification. Les contributions féminines documentées de cette époque se trouvent du côté de la gestion et du pilotage. La situation a changé depuis : la marque compte aujourd’hui des ingénieures de la conception au motorsport. L’écart entre les deux époques mesure surtout le chemin parcouru.

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