Trois voitures suffisent à raconter les années 80 de Porsche : la 930, la 944 et la 959. Une décennie où la marque enchaîne les victoires au Mans, fournit un moteur champion du monde en Formule 1 et fait entrer l’électronique dans ses modèles de série.
L’électronique entre dans les Porsche de série
Au début de la décennie, Porsche généralise la gestion électronique du moteur. La 944 puis la 911 Carrera 3.2 de 1984 reçoivent un calculateur Bosch qui pilote injection et allumage : consommation en baisse, fiabilité en hausse, entretien simplifié par rapport aux systèmes mécaniques qui précédaient.
Le sommet technologique de la période reste la 959, livrée à partir de 1986. Carrosserie mêlant aluminium et composite aramide (kevlar), transmission intégrale pilotée, deux turbos, 450 ch et 317 km/h en pointe : à sa sortie, c’est la voiture de série la plus rapide du monde. Plusieurs de ses solutions, à commencer par la transmission intégrale, se retrouveront sur les 911 des générations suivantes.
Trois modèles qui portent la décennie
- 911 Turbo (930) : lancée en 1975, elle reste pendant toute la décennie la vitrine de la marque. Son évolution est retracée dans notre article sur la lignée 911 Turbo.
- 944 : présentée en 1982, moteur avant et équilibre des masses soigné. Elle devient rapidement le modèle le plus vendu de la gamme et ouvre la marque à une nouvelle clientèle.
- 959 : produite en petite série, elle sert de laboratoire roulant. Sa fiche technique reste impressionnante quarante ans plus tard.
Sur les circuits, une domination rarement vue
La 956 remporte les 24 Heures du Mans quatre fois de suite, de 1982 à 1985. La 962C prend le relais en 1986 et 1987. Avec la victoire de la 936 en 1981, cela fait sept succès consécutifs au général dans la Sarthe, une série record. Jacky Ickx et Derek Bell s’imposent ensemble en 1981 et 1982, et Ickx décroche le titre mondial d’endurance en 1982 et 1983. Le contexte complet de ces années de course est détaillé dans l’impact de la course sur l’histoire de Porsche.
La décennie déborde du cadre de l’endurance. En Formule 1, le V6 turbo TAG-Porsche conçu pour McLaren remporte 25 Grands Prix et rafle les titres pilotes 1984 (Niki Lauda), 1985 et 1986 (Alain Prost), plus les titres constructeurs 1984 et 1985. En rallye-raid, la 953 de René Metge gagne le Paris-Dakar 1984, et la 959 signe le doublé en 1986. La technologie turbo qui irrigue ces programmes est expliquée dans notre article sur les moteurs turbo Porsche.
Une clientèle élargie
Commercialement, la 944 attire des acheteurs qui n’auraient pas poussé la porte d’une concession pour une 911, avec un prix d’accès plus bas et un usage quotidien plus simple. La communication de la marque s’appuie alors moins sur les fiches techniques que sur l’image construite en compétition. Les victoires du Mans et les titres de F1 servent d’argument commercial sans qu’il soit besoin d’en rajouter.
Ce qu’il en reste
Les 930 et 959 comptent aujourd’hui parmi les Porsche les plus recherchées des collectionneurs. La gestion électronique du moteur, la transmission intégrale et l’aérodynamique travaillée en soufflerie, expérimentées dans ces années-là, sont devenues la norme sur toute la gamme. Pour situer cette décennie dans l’histoire longue de la marque, voyez les modèles emblématiques de Porsche à travers les décennies.

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